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Travailler à se rendre malade

Travailler à se rendre malade, c'est terminé.

131 000 RAISONS
D'UNIR NOS FORCES

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Travailler à se rendre malade, c'est terminé.

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Des demandes salariales légitimes

25 octobre 2019

Hier, nous avons donné le coup d’envoi des négociations avec l’État en déposant les demandes syndicales (dont les demandes salariales) des 131 000 membres que nous représentons dans le réseau de la santé et des services sociaux. Certains diront volontiers, le gouvernement le premier, qu’une augmentation de 7,2 % par année pendant trois ans, c’est exagéré.

Pourtant, on est vraiment loin de demander la lune.

Pendant des années, les travailleuses et les travailleurs du réseau ont payé le prix de l’austérité, encaissant compression budgétaire sur compression budgétaire. Ce sont les milliards épargnés sur leur dos qui garnissent aujourd’hui en grande partie les coffres du gouvernement. Dans les faits, nous demandons un juste retour du balancier et la reconnaissance de la valeur réelle de leur travail.

Depuis l’an 2000, les professionnel·le·s en soins, professionnel·le·s et technicien·ne·s n’ont jamais pu compter sur des augmentations permettant à leur salaire de suivre le coût de la vie. Les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec sont très clairs à cet égard : alors que l’ensemble des travailleuses et travailleurs québécois ont vu leur niveau de vie augmenter de 10,7 % en moyenne durant cette période, nos membres ont dû essuyer un recul de 1,2 %.

Non seulement leurs salaires ne suivent pas l’inflation depuis près de 20 ans, mais ceux du reste de la province, dans les mêmes catégories d’emplois, se détachent tranquillement mais sûrement des leurs. Ainsi, entre le personnel professionnel de l’administration publique et celui des autres secteurs de l’économie québécoise, l’écart salarial est de 11,4 %. Pour les techniciennes, c’est 13,1 %!

De manière encore plus spécifique, la rémunération globale des salariées du réseau est inférieure de 24 % à celle des salarié e s des entreprises publiques comme Hydro-Québec, la SAQ ou Loto-Québec, a révélé une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques portant sur des emplois équivalents en février dernier.

À quoi tient cette différence? Au fait que les emplois dans le réseau sont occupés par des femmes à 81 %, comparativement à 37 % dans les sociétés d’État. Ce qui prouve que quand les femmes sont fortement majoritaires dans un secteur donné, on rechigne à les payer convenablement! D’ailleurs, si le gouvernement comblait cet écart de 24 %, il corrigerait une injustice responsable du tiers de l’écart salarial entre les hommes et les femmes au Québec. Qui dit mieux?

Non, nos demandes ne sont pas exagérées. Elles sont le fruit d’un travail sérieux et rigoureux, motivé par un motif fort simple : améliorer les conditions de travail de nos membres afin d’assurer des soins et des services de qualité, sécuritaires et accessibles à la population. Un objectif d’autant plus justifié que son atteinte est essentielle si on veut également remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui affecte très durement le réseau.

Dans son discours inaugural, en novembre 2018, le premier ministre François Legault rappelait que la santé est l’une des grandes priorités de son gouvernement; c’était aussi l’une de ses promesses électorales phares. Il reconnaissait également à quel point les employé·e·s du réseau avaient durement été éprouvé·e·s et s’engageait à avancer avec elles et eux « main dans la main » pour « améliorer concrètement la situation ».

Ces négociations lui en donnent l’occasion. Les 131 000 travailleuses et travailleurs du réseau « durement éprouvés » lui tendent la main. L’amélioration des soins et des services offerts à la population québécoise passe nécessairement par un investissement important dans le capital humain. Le gouvernement doit investir dans celles et ceux qui offrent ces soins et ces services. Nous verrons demain, dans un second texte, que c’est un choix politique dont Québec a clairement les moyens.

 

Carolle Dubé, présidente de l’APTS

Nancy Bédard, présidente de la FIQ